La complainte du progrès

Elles rallongent notre espérance de vie en nous promettant un futur radieux et numérique, sans pollution et avec du confort pour tous. Mais les nouveautés dues au progrès sont aussi source de nouvelles difficultés.

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Francis Bacon, Joseph Schumpeter, l’humanoïde de « Metropolis » et Axel Kahn.

Notre époque est-elle vraiment formidable ? Certes, on vit mieux, plus vieux, plus riches aussi. Certes, le progrès a éradiqué du globe certaines maladies et répond à une vitesse record aux nouvelles pandémies. Il nous promet du rêve en couleurs, où les populations seraient heureuses, les cités radieuses et l’air respirable. Sauf qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Comme toutes les avancées, celles du progrès ont aussi leurs écueils. Sa rapidité, notamment, ne s’encombre pas de ceux qui vont lentement.

L’histoire montre ainsi que la notion de progrès qualifiait, à l’origine, un état de l’humanité. Il était un axe de la moralité qui contribuait à l’amélioration de l’homme. Plus tard, avec l’avènement de la société industrielle, le mot se range du côté des développements techniques et scientifiques. S’il cherche toujours à développer la condition humaine, il contribue aussi, parfois, à la dégrader en effaçant certains métiers et ceux qui les exercent, en imposant à tous des changements contraignants, en répondant à l’urgence, climatique par exemple, par la précipitation, sans forcément mesurer les conséquences sur l’état du monde et les habitudes solidement ancrées.

On peut trouver le prix à payer bien trop élevé, mais il est impossible d’aller contre le progrès qui participe à la marche inéluctable du temps. Sans le refuser, on peut aussi décider qu’il est un sujet trop grave pour l’accepter sans ciller, afin de mieux réfléchir à ses bouleversements. Et avoir toujours en tête que certains progrès d’hier sont devenus les problèmes d’aujourd’hui.