Focus – Les Téméraires

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VLADIMIR NAUMOV DANS L’ENFER DE TCHERNOBYL

À la mi-mai 1986, soit quelques semaines après la catastrophe de Tchernobyl et alors que le réacteur de la centrale nucléaire brûlait toujours, l’une des solutions envisagées pour tenter de l’éteindre était de creuser, en dessous, un tunnel de quelque 170 mètres de long. L’idée était d’y installer un système de refroidissement à l’azote liquide. On a fait donc appel à des centaines de mineurs, venus de plusieurs sites d’ex-URSS, comme Vladimir Naumov. Ils allaient travailler dans des conditions terribles, forant… pour rien, le projet ayant finalement été abandonné. Nombreux ont été ceux qui sont morts dans de brefs délais, en raison d’un taux d’irradiation terrifiant et d’une aide médicale lacunaire. En 2000, une centaine d’anciennes « gueules noires » de la mine de Nikouline qui avaient pris part aux travaux ont fait à pied les 200 km qui séparaient leur ville de Moscou. Sur la place Rouge, devant le Kremlin, ils ont jeté leurs médailles de héros.

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ABDEL KADER HAÏDARA, L’INDIANA JONES DE TOMBOUCTOU

En janvier 2013, le maire de Tombouctou affole le monde de la culture : les islamistes qui tiennent la ville viennent, après avoir détruit les mausolées des saints musulmans locaux, de brûler les milliers de précieux manuscrits, datant parfois du XIIe siècle et qui constituent l’un des rares ensembles de documents écrits anciens d’Afrique. Par la suite, on apprend qu’un personnage, décrit par la presse américaine comme « l’Indiana Jones malien », Abdel Kader Haïdara, est parvenu à mettre en sûreté l’essentiel des quelque 300’000 manuscrits. Lui-même est un important collectionneur. Avec l’aide financière de la Fondation Ford et de plusieurs institutions de bienfaisance néerlandaises et allemandes, il parvient à faire transiter vers le sud du pays des containers de transport dans lesquels sont dissimulés les précieux documents. Certains spécialistes mettent aujourd’hui en doute le total des pièces sauvées par Haïdara, évoquant des levées de fonds importantes et des justificatifs absents. Mais le plus virulent de ces critiques, un certain Charlie English, conclut sa philippique dans le New York Times en rappelant que Tombouctou fut toujours la ville des légendes.

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Portrait de Stanislav Petrov

STANISLAV PETROV, L’HOMME QUI ÉVITA LA GUERRE NUCLÉAIRE

En ce mois de septembre 1983, le lieutenant-colonel Stanislav Petrov est en poste dans une base stratégique soviétique. La tension est-ouest a rarement été aussi forte, puisque trois semaines auparavant, l’URSS a abattu sans hésiter un Boeing des lignes aériennes sud-coréennes égaré dans son espace aérien, tuant 269 personnes, dont un élu fédéral des États-Unis. Autant dire que lorsque le système de surveillance par satellite donne l’alerte en annonçant un tir de têtes nucléaires américaines en direction de l’Union soviétique, le militaire n’a que quelques secondes pour décider audacieusement de prévenir sa hiérarchie d’une probable erreur technique. De fait, le logiciel des satellites avait confondu un reflet solaire avec la flamme d’un moteur de missile. Intrigué par le faible nombre de projectiles repérés, Stanislas Petrov a supposé une erreur et, en bousculant le règlement, a tout simplement évité une troisième guerre mondiale, nucléaire.