La revanche des loosers

C’est le genre de success story dont raffolent les Américains. Deux informaticiens qui vivent leur rêve de Silicon Valley, une crise économique retentissante qui les met sur la paille et la renaissance flamboyante grâce à la création d’une application au succès colossal.
Réfugié ukrainien, Jan Koum arrive aux États-Unis au début des années 90. Il apprend l’informatique en autodidacte, travaille comme agent de nettoyage, puis gravit lentement les échelons jusqu’à être embauché chez Yahoo, où il rencontre Brian Acton, ingénieur système. Les deux font la paire pendant neuf ans avant de démissionner pour profiter de leurs investissements dans le web. C’est le début des années 2000 et la bulle internet éclate en même temps que leurs portefeuilles d’actions.

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Ruinés, Koum et Acton postulent chez Facebook qui refuse leurs candidatures. Que faire ? Ils n’ont ni start-up prometteuse en chantier ni vision claire du futur. Loin du récit héroïque de la Tech, ils incarnent une génération de talents laissés sur le bas-côté du boom numérique. Puis vient l’idée. En créant WhatsApp en 2009, les deux informaticiens veulent répondre à une frustration simple venant de la complexité, de la publicité et de l’intrusion permanente qui polluent les réseaux sociaux. Pas d’algorithme tapageur, pas de promesse grandiloquente, juste une application de messagerie fiable au look ascétique.
Ironie de l’histoire, en 2014, Facebook approche Jan Koum et Brian Acton pour leur acheter WhatsApp. Les deux informaticiens que personne ne voulait embaucher prennent leur revanche et vendent leur application 19,3 milliards de dollars. De l’échec à la gloire : le plus beau des happy ends. ■