Un concours qui a de la suite dans les idées

Par Marion Celda N°43 - Automne 2018

La nomination des trois projets lauréats le 6 juin dernier a clos la prolifique 9e édition du concours SPG/hepia « Paysages urbains : révéler et transformer ». Petit tour d’horizon des trois propositions arrivées en tête.

Pour rappel, le concours créé en 2009 par Thierry Barbier-Mueller, Administrateur délégué du groupe SPG-Rytz, s’inscrit dans le cycle des cinq ateliers interdisciplinaires CEN et propose aux étudiants des filières Architecture (AR) et Architecture du Paysage (AP) d’explorer « les dimensions spatiales et sensibles, construites et paysagères de l’espace public, avec pour objectif principal de transformer et requalifier architecturalement, là où le besoin s’en manifeste, le paysage urbain et les pratiques sociales qu’il conditionne ». Cette année, la thématique définie par les enseignants axée sur le « Micro Monde » donnait pour consigne de « travailler un espace public, dont le projet de requalification devra conjuguer les qualités concrètes d’une intervention (micro) et la quête stratégique de lien social (monde) (…). L’espace choisi est à révéler et à transformer par le placement, le dispositif, le végétal, la forme, la structure, le volume, la lumière, la matérialité, le programme, les détails, etc. » Les six groupes participants ont planché pendant tout un semestre et soumis en juin dernier leurs travaux respectifs à un jury externe composé de professionnels du domaine.

Et les trois nominés sont…
Le projet lauréat intitulé « La Reine des Grottes » réalisé par quatre étudiants de 2e année Arthur Dégerine (AP) et Elias Hansali (AP), Sara Durguti (AR) et Lehan Gentilini (AR), prend place dans un quartier central et populaire de Genève. Le jury a, entre autres, apprécié la pertinence du choix du site qui, « clairement et de loin, appelle le plus vigoureusement à une intervention transformative et volontariste importante ». Le scénario envisagé vise à délester le site des trop nombreuses voitures au bénéfice d’espaces polyvalents et arborés où les habitants et les nombreuses associations de quartier ont déjà pris l’habitude de se rassembler lors de divers évènements malgré le contexte contraignant. En seconde position, « Le parvis du Rhône » est un projet ambitieux qui s’attarde sur la pointe de la Jonction, en particulier sur la Promenade des Saules, « un endroit unique qui possède déjà toutes les caractéristiques d’un micro-monde ». Ce lieu très fréquenté sera prochainement réaménagé en parc public ; Diederik Van Till (AP), Asso Mohamed (AR) et Thiviya Premnavas (AR) proposent de mettre en scène le chantier à venir afin qu’il demeure un endroit où il fait bon se détendre : « Ce n’est pas un site révélé, mais la proposition est intéressante, tout comme la réflexion autour du développement durable. » Enfin, « Promenade Plainpalais », qui arrive en troisième position, s’implante dans la périphérie de la plaine éponyme et s’attache à « réactiver la promenade côté ouest aujourd’hui délaissée ». En jouant sur la topographie géométrique du terrain et en créant une deuxième promenade ponctuée de modules en parallèle de l’existante, Théo Campedel (AP), Pedro Peixoto Dias (AP), Romain Lekieffre (AR) et Nikolaya Markova (AR) tentent d’apporter une solution simple et pragmatique pour reconnecter la ville à la plaine. Le jury a jugé « l’intervention très intéressante, intelligente, pas très massive en termes de moyens et d’infrastructures, mais la modification très perceptive et le gain qualitatif assez net ». Tous les étudiants et enseignants ont été gratifiés d’un voyage d’études offert par le groupe SPG-Rytz, à Bienne et à Win-terthour. Un séjour synonyme d’enrichissement culturel et personnel.

«La Reine des Grottes»
Nous avons choisi cet espace, car nous avons pu y trouver un important potentiel d’utilisation urbaine. En effet, actuellement il est dominé par les voitures, ce qui est pour nous un malus par rapport à la richesse qu’il peut procurer. Notre projet vise à améliorer l’utilisation de ce lieu culturel. Suite à une étude topographique, nous avons défini les parcelles publique et privée, ce qui nous a permis de voir où il serait plus facile d’intervenir. Nous avons donc réalisé plusieurs schémas (voir planches de projet ci-contre) afin de pouvoir faire une synthèse et avoir une base propre pour y faire notre projet. Suite à l’étude de l’espace choisi, nous avons décidé de supprimer une majorité de places de parking et de les remplacer par des espaces piétons où l’on pourra trouver des lieux de repos, de rencontres ainsi que des cercles de terre qui laisseront aux habitants du quartier des Grottes la possibilité de les exploiter pour venir y planter leurs propres potagers, etc. Du point de vue économique, notre intervention a été pensée de façon à être la moins coûteuse possible, tout en valorisant cet espace à proximité de la gare Cornavin. De plus, la mise en place de notre proposition d’aménagement pourrait se faire en plusieurs étapes, ce qui permettrait également d’échelonner les frais.
Texte rédigé par les lauréats du concours : Arthur Dégerine, Elias Hansali, Sara Durguti et Lehan Gentilini.

MARION CELDA