L’UniNE multiplie par quatre le débit d’eau en Ouganda

Une méthodologie mise au point à l’Université de Neuchâtel (UniNE) a permis de multiplier par quatre la quantité d’eau disponible dans un camp de réfugiés en Ouganda. Ce résultat couronne la première année d’un projet qui s’étend sur trois ans dans cette région d’Afrique.

La nouvelle méthode permet de déterminer par cartographie les meilleurs emplacements pour le forage de puits, a indiqué l’UniNE. Le Rapid groundwater potential mapping (RGWPM) consiste à combiner des données libres d’accès provenant de cartes géologiques, d’images satellitaires, de la morphologie du terrain et du climat.

« Il est très important que toutes ces données soient gratuites pour faciliter l’accès à l’information », explique Ellen Milnes, responsable du projet au Centre d’hydrogéologie et de géothermie (CHYN) de l’UniNE.

Il a ainsi été possible de réaliser en une semaine une carte d’emplacements potentiels de puits pour obtenir le maximum de débit d’eau nécessaire au camp de Bidibidi, au Nord de l’Ouganda, où vivent environ 200’000 réfugiés. Les emplacements fournis par le RGWPM ont permis de faire passer le débit de 4,5 m3/h à 19 m3/h.

Mauvais emplacement

Les 19 puits localisés avec l’appui de cette méthodologie produisent autant d’eau que 77 puits forés précédemment dans la même zone. « En 2017, quand nous sommes arrivés dans le camp de Bidibidi, le débit d’eau des puits en place atteignait 4,5 mètres cubes à l’heure en moyenne », se souvient Ellen Milnes. Mais de nombreux forages produisaient à peine 0,5 m3/h.

En cause, le mauvais emplacement des puits qui étaient la plupart du temps creusés aux abords des routes desservant le camp, pour des raisons essentiellement pratiques. Afin de déterminer les lieux les plus propices, Ellen Milnes et Cyrille Scherrer, un autre hydrogéologue du CHYN, ont développé ce procédé inédit de cartographie rapide du potentiel en eau souterraine.

Cet exemple concret a suscité l’intérêt du gouvernement ougandais qui a approché le CHYN pour organiser un atelier, l’objectif étant de transférer les connaissances acquises aux spécialistes en eau locaux. L’événement s’est déroulé fin novembre 2018 à Entebbe, au bord du Lac Victoria.

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