Le vélo en selle vers le futur

Par Marion Celda N°43 - Automne 2018

L’e-bike encourage les moins sportifs à se remettre en selle. Le cycle revient en force dans nos villes et nos montagnes. Encore mieux, il prend de la hauteur avec le providentiel « Flight Bike » qui va révolutionner la mobilité individuelle. Bref, une histoire qui roule.

Star des années 1890 puis remisé au grenier dans les années 1980, le vélo pointe de nouveau le bout de son guidon depuis une vingtaine d’années particulièrement en milieu urbain où il fait figure d’alternative écologique aux moteurs à explosionbruyants et polluants, de réponse efficace et peu dispendieuse aux embouteillages. La « petite reine » – charmant sobriquet octroyé en référence à la jeune reine des Pays-Bas Wilhelmine qui appréciait beaucoup le vélocipède – véhicule une certaine philosophie de vie : éloge de la lenteur, sentiment de liberté, impact écologique quasi nul. L’ONU lui a même consacré une journée mondiale, le 3 juin. Velosuisse.ch (Association suisse des fournisseurs de bicyclettes) confirme, chiffres à l’appui, que les Suisses sont « fous de vélo » : des « niveaux record » ont été atteints avec 338 000 vélos vendus sur le territoire en 2017, soit une augmentation de 4,2 % par rapport à l’année précédente. Les e-bikes ont particulièrement le vent en poupe avec 90 000 objets vendus, soit une croissance de 16,3 %. L’e-mountain bike ne traîne pas de la roue avec une croissance en hausse d’un tiers (+38,3 %) pour la deuxième année consécutive et 29 000 pièces vendues sur une année (statistiques 2017). Les cyclistes, toujours plus nombreux en ville, enjoignent aux autorités d’adapter les voies de circulation et de créer des pistes cyclables sûres. Les parkings se dotent de vélostations. Huit à Genève se sont depuis peu pourvues d’un système de paiement et d’accès via l’application www.velocity.ch mise en place par la Fondation des Parkings en partenariat avec Swisspass.

L’ère de l’e-bike et du vélo connecté
Deux cents ans après l’apparition de la draisienne du Baron Karl Friedrich Drais, la bicyclette contemporaine fait sa révolutiontechnologique. Sa version électrique ne cesse de gagner des parts de marché à la conquête des foyers suisses, qui n’hésitent pas à se séparer de leur deuxième voiture pour rentrer dans l’ère de l’e-bike. Et le monde du vélo, n’en déplaise aux nostalgiques de l’« Hirondelle », de s’inviter avec brio dans les allées du Consumer Electronic Show à Las Vegas consacré aux nouvelles technologies. La tendance est aux VAE (vélos à assistance électrique) et aux équipements légers, design et surtout intelligents avec, par exemple, le guidon « Wink Bar » équipé d’un GPS et d’un système d’alarme Bluetooth, le casque « Coros Omni » qui prévient vos proches en cas de collision ou encore l’« Electron wheel » qui « transforme en quelques secondes un vélo en vélo électrique », dixit le site ecovelo.com. Les fournisseurs suisses comme BMC ou Stöckli sont, bien sûr, dans la course aux innovations ; « ils comptent parmi l’élite mondiale et contribuent grandement au succès du vélo en tant que produit moderne tendance », relève encore velosuisse.ch.

Le premier vélo volant high-tech destiné au grand public
Ils sont ingénieurs en énergie et en électronique, instructeurs de vol, ou encore experts en sécurité et, pour certains, anciens membres de l’équipe « Solar Impulse ». S’appuyant sur des avancées technologiques éprouvées, ils ont fait le pari de révolutionner la mobilité individuelle en créant le premier vélo volant à propulsion humaine. Une fois le prototype validé (coût : environ 1 million de francs), les premiers modèles du révolutionnaire « Flight Bike », imaginé et conçu en Suisse par l’entreprise SwissFlight, devraient être commercialisés en 2020. Leur devise ? « Les oiseaux seront surpris de voir à quel point il est facile de voler ! »

MARION CELDA

‟Révolutionner la mobilité individuelle en créant le premier vélo volant à propulsion humaine.„